PPS : pourquoi les coureurs s’enflamment contre ce nouveau « péage » à 5 euros pour courir ?

Interface PPS Pass Prévention Santé : nouveau tarif 5 € controversé.

Paris, le 18 mars 2026 – Depuis janvier, le célèbre « PPS » n’est plus gratuit. Le Parcours de Prévention Santé, qui avait remplacé le certificat médical pour s’inscrire à n’importe quelle course à pied chronométrée en France, s’est mué en Pass Prévention Santé… payant. 5 euros par an. Une petite somme, mais qui fait hurler des centaines de milliers de coureurs amateurs sur les réseaux et dans les groupes WhatsApp des clubs. Entre grogne massive, pétitions, et menaces de boycotter certaines épreuves, ce qui devait être une simple évolution administrative est devenu un vrai sujet de crispation dans le monde du running.

Tout commence en 2024 : la Fédération française d’athlétisme (FFA) supprime progressivement le certificat médical obligatoire pour les non-licenciés. À la place, un questionnaire en ligne + quelques vidéos de prévention sur les risques cardiaques, les blessures, la surchauffe. À la fin, un code valable trois mois. Simple, gratuit, rapide. Des millions de coureurs s’y plient sans broncher pour leur 10 km du dimanche ou leur trail local. Mais dès le 15 janvier 2026, tout change : le dispositif devient Pass Prévention Santé, valable un an, inclut une assurance RC, des contenus enrichis… et surtout, il coûte 5 €.

La pilule passe mal. Sur les forums, les stories Instagram et les groupes Facebook de coureurs, le ton est souvent virulent : « On nous taxe déjà les inscriptions, maintenant on paye pour courir ? », « La FFA se fait du cash sur notre dos », « 5 € c’est rien, mais c’est le principe qui coince ». Certains organisateurs de petites courses locales avouent en off craindre une baisse des inscriptions : « Les gens hésitent déjà à cause des tarifs qui flambent, là c’est la goutte de trop ». D’autres, plus radicaux, appellent au boycott des épreuves FFA ou menacent de créer des courses « sans PPS » (même si c’est illégal).

La FFA se défend : ce Pass n’est pas une taxe, mais un outil de prévention renforcé. Avec les 5 €, on finance des contenus pédagogiques supplémentaires, une meilleure plateforme, et surtout une assurance responsabilité civile incluse (qui couvre les accidents pendant la course). Pour les licenciés FFA, rien ne change : leur licence suffit toujours. Mais pour les millions de coureurs loisir qui ne prennent qu’une ou deux licences par an, c’est une nouvelle dépense obligatoire. Et dans un contexte où le coût global du running explose (chaussures à 150-200 €, inscriptions à 30-80 € pour un semi, frais de déplacement), ces 5 € deviennent symboliques.

Le vrai reproche qui revient partout : le manque de concertation. Beaucoup d’organisateurs de courses (surtout les petites associations) n’ont pas été associés à la décision. « On nous annonce ça en novembre, on doit répercuter sur les tarifs ou absorber nous-mêmes », confie un responsable de trail régional. Résultat : certaines épreuves ont augmenté leurs droits d’inscription de 2 à 5 € « à cause du PPS ». Les coureurs voient rouge : « On paye deux fois pour la même chose ».

Pourtant, objectivement, le système reste plus léger qu’avant 2024. Pas de rendez-vous chez le médecin, pas de file d’attente en pharmacie pour le tampon. Le questionnaire reste rapide (5-10 minutes), les vidéos sont courtes et bien faites. Mais le passage au payant casse quelque chose : l’idée que la prévention sportive était « offerte » par la fédé. Aujourd’hui, elle a un prix. Et dans une communauté où beaucoup courent justement pour se vider la tête sans se ruiner, ce symbole pèse lourd.

Les prochains mois seront révélateurs. Si les inscriptions aux courses FFA chutent sensiblement au printemps-été 2026, la fédération devra peut-être revoir sa copie. En attendant, les coureurs s’organisent : certains passent en licence FFA pour contourner le Pass (et récupérer des avantages), d’autres créent des groupes d’entraide pour partager des astuces, et une poignée appelle carrément à une pétition nationale pour revenir à la gratuité.

Ce petit « PPS » à 5 € est devenu bien plus qu’un détail administratif. C’est le révélateur d’une tension plus large dans le running loisir français : entre la volonté de professionnaliser et sécuriser la pratique, et le ras-le-bol d’une accumulation de coûts qui rend le sport populaire de moins en moins accessible. À 5 euros près, la FFA a peut-être sous-estimé la grogne. Et si ce qui devait simplifier la vie des coureurs finissait par les faire courir… ailleurs ?

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