Rosalía à Lyon : le concert du LUX Tour qui a fait exploser les réseaux – mais est-ce vraiment la révolution promise ?

Hier soir, le 16 mars 2026, Rosalía a lancé son LUX Tour à la LDLC Arena de Lyon-Décines, et les stories Instagram et TikTok n’arrêtent plus de tourner. La Catalane a débarqué dans une boîte géante, en tutu rose et pointes de ballet, pour ouvrir avec des titres inédits en live comme « Sexo, Violencia y Llantas » et « Mio Cristo Piange Diamanti ». Le public a hurlé, les lumières ont plongé dans du rose dramatique, et la version live de « Berghain » (celle avec le remix techno de Conrad Taylor qu’elle avait teasée aux BRIT Awards) a mis le feu à la salle. Mais derrière le spectacle somptueux, une question traîne déjà : est-ce que ce show est vraiment à la hauteur du mythe que Rosalía a construit depuis Motomami ?
Le concert lyonnais était le premier d’une tournée ambitieuse de 42 dates en arènes, et les fans français étaient en transe. Rosalía a enchaîné des moments théâtraux fous : une séquence en robe Marie-Antoinette pour revisiter « Saoko » et « La Fama », des ballets contemporains intégrés à la chorégraphie, et cette énergie brute qu’elle maîtrise comme personne. Elle a même glissé une cover inattendue de « Can’t Take My Eyes Off You » en mode acoustique oppressant. Les critiques sur place parlent d’un « opéra pop » qui mélange flamenco revisité, techno berlinoise et influences orchestrales de son album LUX (sorti fin 2025). Mais certains fans sortent du show un peu perplexes : trop de mise en scène, pas assez de moments crus et intimes comme à l’époque de El Mal Querer ?
Sur les réseaux, c’est le délire. Des vidéos du ballet d’ouverture circulent à toute vitesse avec des légendes comme « Rosalía vient de réinventer le concert » ou « C’est beau mais j’ai l’impression d’être au théâtre plutôt qu’à un show pop ». Les fans hardcore défendent à mort : « Elle pousse les limites, respectez la vision ! ». D’autres regrettent : « Où est passée la Rosalía qui transpirait sur scène et cassait tout avec juste sa voix et un micro ? ». Les débats font rage dans les groupes Facebook et sur X : est-ce que LUX (avec ses collaborations Björk, Yves Tumor et ses 14 langues chantées) a rendu Rosalía trop « arty » pour le grand public ? Ou est-ce justement ce qui la rend unique en 2026 ?
Ce qui frappe à Lyon, c’est l’intensité émotionnelle. La salle était pleine à craquer, avec des fans venus de toute la France, de Belgique, même d’Espagne. Beaucoup ont pleuré sur « La Perla » ou « Reliquia », sentant que Rosalía parle encore de perte, de désir et de renaissance, mais avec une couche de sophistication qui divise. Les prix des billets (à partir de 51 €, mais vite montés en fosse) ont aussi fait grincer des dents : « Pour ce niveau de production, ok, mais est-ce accessible ? ».
En France, où Rosalía reste une icône depuis « Con Altura » et ses passages mode à Paris, ce concert marque un tournant. Elle n’est plus juste la « reine du flamenco trap » : elle est devenue une performeuse globale qui joue avec l’opéra, la danse classique et le clubbing underground. Les Parisiens qui ont les dates du 18 et 20 mars à l’Accor Arena attendent déjà la suite avec une excitation mêlée d’appréhension. Va-t-elle garder cette théâtralité extrême partout, ou adapter le show selon les villes ?
Une chose est sûre : Rosalía ne fait pas semblant. Elle prend des risques énormes après un album qui a divisé (certains parlent de chef-d’œuvre orchestral, d’autres de trop ambitieux). Lyon hier soir a prouvé qu’elle peut remplir une arène et hypnotiser 15 000 personnes. Mais la vraie question flotte : est-ce que ce LUX Tour va marquer l’histoire comme une révolution pop, ou restera-t-il dans les mémoires comme un beau délire trop sophistiqué ? Les prochains shows diront tout. En attendant, les vidéos du ballet d’ouverture tournent en boucle, et les fans se disputent déjà sur qui a raison.
